Dernière mise à jour des données : 27 Février 2022

Espèce végétale

Drosera intermedia Hayne, 1798

Rossolis intermédiaire

Cette espèce bénéficie d'un statut réglementaire ou patrimonial sur tout ou partie du territoire d'agrément du CBNBP et de la Sarthe

(, Equisetopsida)

 
Statut d'indigénat sur le territoire d'agrément : Indigène

Citation de cette fiche : F. VEST, R. BAJON, juin 2000. Drosera intermedia Hayne, 1798. In Muséum national d'Histoire naturelle [Ed]. 2006. Conservatoire botanique national du Bassin parisien, site Web. http://www.mnhn.fr/cbnbp.

© MNHN-CBNBP  G. ARNAL
© MNHN-CBNBP G. ARNAL

Caractères diagnostiques :

Petite plante herbacée, de 4 à 10 cm, à tiges simples, courbées et genouillées à la base, puis redressées ; naissant à la base de la rosette foliaire, et dépassant à peine les feuilles à la floraison. Feuilles dressées, à limbe obovale, atténué en long pétiole glabre ; limbe couvert sur sa face supérieure de poils glanduleux rougeâtres ou rouge-brunâtres, brillants, mobiles, terminés par une gouttelette ; ces poils sont autant de pièges actifs qui peuvent capturer des insectes ; parfois aussi de très petites feuilles sur la hampe florale. Fleurs petites (0,5 à 1,5 mm), blanches, plus rarement rosées, en grappes unilatérales naissant latéralement sur la souche souterraine ; 5 sépales, 5 petits pétales libres, 5 étamines et 3-5 carpelles soudés, à stigmates plans, échancrés au sommet et rougeâtres ; fruit = une toute petite capsule, presque en poire, égalant ou dépassant le calice, à graines minuscules, obovales, tuberculeuses. Floraison de juillet à août.

Confusions possibles :

Cette espèce se différencie relativement aisément des autres Drosera par la forme de ses feuilles, et surtout par le départ latéral de sa hampe florale. Elle peut être confondue avec l'hybride D.x.obovata Mert. et Koch., dont il est l'un des parents, et qui possède des caractères intermédiaires ; mais à la floraison on le distingue de D.intermedia par ses tiges florifères, qui naissent du centre de la rosette, et par ses graines avortées.

Caractères biologiques :

Hémicryptophyte à rosette. Plante vivace se perpétuant par des bourgeons situés sur une tige souterraine très courte et sur laquelle on peut voir les restes des feuilles des rosettes des années précédentes.

Aspects des populations sociabilité :

Dans les milieux où elle est à son optimum, l'espèce peut assez rapidement (mais en général temporairement) être abondante.

Caractères écologiques :

Plante des marais tourbeux, des mares à Sphaignes, des landes humides. De la plaine aux montagnes, où elle peut s'élever jusqu'à 2300 m ; très héliophile, s'installe souvent sur les zones décapées (anciennes exploitations de tourbe).

Habitats concernés :

Marais tourbeux et tourbières à sphaignes du Rhynchosporion albae, de l'Anagallido-Juncion ; mares et dépressions tourbeuses des landes humides de l'Ericion tetralicis.

Répartition géographique :

Espèce sub-atlantique, ou amphi-atlantique : en Europe, de l'Irlande et de la Finlande au nord du Portugal et jusqu'aux Balkans, aux Carpathes et à l'Ukraine ; présente aussi dans le Caucase et, semble-t-il, sur les montagnes d'Iran ; très répandue en Amérique du nord, surtout sur la façade est. En France, rare et dispersée, mais présente, dans le Massif armoricain, la Picardie, la Lorraine et l'Alsace, la Bourgogne et la Franche-Comté, l'Auvergne et le Limousin ; encore plus rare ailleurs, et nulle dans le sud-est et toute la zone méditerranéenne.

Etat des populations :

Si certaines populations peuvent être abondantes, l'espèce est la plupart du temps plutôt disséminée et discrète. Elle est pourtant en recul sensible, surtout en plaine.

Menaces potentielles :

L'espèce est, sur l'ensemble de son aire, en régression, d'autant plus qu'elle est assez peu répandue. Les milieux où elle se développe sont en effet partout menacés (drainages des zones humides, pollution, amendements, ou encore abandon des pratiques rurales traditionnelles qui conduisent à la fermeture des milieux…). De plus, elle est souvent cueillie, d'une part, à titre de curiosité, par les amateurs, et d'autre part pour ses propriétés, puisqu'elle est réputée agir efficacement dans les maladies pulmonaires, la coqueluche, etc.

Bibliographie :

- ARNAL G., 1996. Les Plantes protégées d'Ile-de-France. Collection Parthénope - Editions Biotope, Paris. 349 p.
- BONNIER G., réédition 1990. La grande flore en couleurs de Gaston Bonnier. France, Suisse, Belgique et pays voisins. 4 tomes. Editions Belin, Paris. 1401 p.
- BOURNERIAS M., ARNAL G., BOCK C., 2001. Guide des groupements végétaux de la région parisienne. Nouvelle édition illustrée. Editions Belin, Paris. 640 p.
- DANTON P., BAFFRAY M., 1995. Inventaire des plantes protégées en France. Editions Nathan et Association française pour la conservation des espèces végétales (A.F.C.E.V), Paris et Mulhouse. 294 p.
- HULTEN E., FRIES M., 1986. Atlas of North European vascular plants : north of the Tropic of Cancer. 1 atlas, 3 volumes. Koeltz Scientific Books, Königstein, Federal Republic of Germany.

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