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A la loupe
 

A la loupe

De nouvelles observations du Spiranthe d'automne (Spiranthes spiralis (L.) Chevall., 1827) (Observateurs : C. Dumont, J.-M. Martins Da Silva, B. Gruet, E. Duchemann, A. Fontaine, Ph. Jauzein, P. Fichot & C. Hanot, Île-de-France, 2017)

Spiranthe d'automne à Maurepas en contexte urbain (José Miguel Martins Da Silva)

Protection régionale
Liste rouge régionale (En Danger)
Déterminante de ZNIEFF

La Spiranthe d'automne est une espèce très présente dans le sud de la France ainsi que dans le couloir rhodanien et jusqu'en Franche-Comté. Elle est plus disséminée sur la façade atlantique. Encore récemment très menacée en Île-de-France (dans les années 2000, il ne restait plus qu'une station à Fontainebleau sur la trentaine signalée de tout temps), elle a fait l'objet de plusieurs découvertes ces dernières années. Depuis 2005, la Spiranthe d'automne a été observée en Seine-et-Marne (3 stations), en Essonne (3 stations), dans les Yvelines (3 stations) et les Hauts-de-Seine (1 station).

Cela annonce-t-il un retour à une large échelle de cette espèce dans notre région ? Les milieux d'accueil ne sont pourtant pas plus favorables aujourd'hui qu'il y a 20 ans. De plus, la grande majorité des observations ont été réalisées dans des milieux anthropiques (gazons, zones industrielles, anciennes carrières…), alors que cette espèce fréquente idéalement les pelouses calcaires. On notera par exemple, dans une zone industrielle la présence de plusieurs centaines d'individus (obs : Benoît Gruet et José-Miguel Martins Da Silva).

Ces nouvelles observations peuvent nous amener à poser plusieurs hypothèses : - la modification de notre climat (hivers plus doux) peut-elle favoriser le retour de cette espèce ? - Une évolution de l'espèce rendant certains individus moins sensibles à la pollution ou plus adaptés à un contexte anthropique, rudéral ou perturbé, peut-elle être une autre piste d'explication ?

Un suivi régulier de ces populations et de nouvelles prospections pourront nous dire si nous avons vraiment à faire à une expansion de l'espèce, pérenne dans le temps. En attendant, sa situation reste précaire dans notre région et la protection ou la gestion des groupes d'individus les plus importants doit être envisagée, pour permettre à la Spiranthe de poursuivre sa potentielle expansion.

De nouvelles stations d'Oenanthe des rivières (Oenanthe fluviatilis (Bab.) Coleman) pour le territoire d'agrément (Observateurs : T. Fernez, L. Ferreira, J. Cordier, J. Wegnez, M. Rambaud & V. Gaudillat, Loiret, 2017)

Oenanthe fluviatilis (Bab.) Coleman en fleurs, Thierry Fernez © CBNBP/MNHN

Après la redécouverte ces dernières années de l'Oenanthe des rivières (Oenanthe fluviatilis (Bab.) Coleman) sur plusieurs rivières franciliennes (Loing, Essonne et Ourcq), c'est dans le Loiret que cette espèce a été trouvée en cette année 2017. Trois stations ont ainsi été rencontrées sur le Loing en aval de Montargis à l'occasion de prospections en canoë, dont une population très importante et florifère sur la commune de Fontenay-sur-Loing. Il s'agit de la troisième rivière connue en Centre-Val de Loire pour cette espèce rarissime en France, les deux autres, l'Avre et l'Aigre, étant situées en Eure-et-Loir. Dans le Loiret, l'espèce avait été signalée en 1964 par Henri Bouby près du canal d'Orléans. Sur le Loing, elle n'avait été vue historiquement qu'à Moret-sur-Loing (77) en 1931 par Paul Duclos, tout en aval de la rivière. Ce sont donc désormais cinq stations qui sont connues sur cette rivière à cheval entre Loiret et Seine-et-Marne.

Lemna turionifera Landolt (en rouge) et Lemna minor L. (en vert), Leslie Ferreira © CBNBP/MNHN

Le plus souvent stérile et submergée, cette espèce ne fleurit que très rarement et passe facilement inaperçue. Suite à cette découverte, des récoltes conservatoires de graines ont été également effectuées pour la banque de semences du Conservatoire botanique national du Bassin parisien (CBNBP). Elle se distingue de l'Oenanthe aquatique (Oenanthe aquatica (L.) Poir.), sa plus proche voisine, par des feuilles submergées cassantes à segments terminaux allongés-cunéiformes et des fruits un peu plus gros. Ces prospections ont également permis de confirmer la présence sur cette rivière d'une espèce naturalisée en expansion en France, Lemna turionifera Landolt, nouvelle espèce pour le Centre-Val de Loire certainement présente sur d'autres vallées dans la région (Cher et canal du Berry notamment).

Nymphoides peltata (S.G.Gmel.) Kuntze, 1891 (Observateur : D. Amon-Moreau, Haute-Marne, 2017)

Liste rouge Champagne-Ardenne

Plusieurs stations de Nymphoides peltata (Petit nénuphar) ont été redécouvertes au début de cet été sur la commune d'Eclaron, au niveau des sources du Lac du Der par Dominique Amon-Moreau, chef du service environnement à l'EPTB Seine-Grands-Lacs, partenaire du CBNBP sur l'étude et le suivi de la flore et des végétations des grands lacs réservoirs depuis 2014.

Cette espèce était connue sur ce secteur depuis la publication d'Aubriot en 1860 mais n'avait pas été revue depuis la fin du XXe siècle à notre connaissance. Elle n'était pas non plus localisée précisément. C'est désormais chose faite. Les stations, dispersées sur les berges, occupent de quelques m² à plusieurs dizaines de m². La plante se maintient donc toujours plus de 150 ans après les premières observations alors que la création du lac du Der en 1976 a modifié profondément le paysage et l'écologie de ce secteur."

Dicranella howei Renauld & Cardot (Observateur : J. Rollant, Côte d'Or, 2014)

Inédit pour la Bourgogne

Cette espèce discrète a été découverte par J. Rollant le 25 octobre 2014 dans le jardin botanique de Dijon près du planétarium et déterminée par Renée Skrzypczak. Cette terricole a été récoltée à l'occasion d'un inventaire des bryophytes du jardin botanique en vue de la réalisation par le Cirque Végétal d'une fresque constituée de mousses et visible sur un des murets du jardin.

Elle a ensuite été revue en 2015 sur la Réserve naturelle de la Combe Lavaux – Jean Roland, une fois dans une dépression temporairement humide au sein d'une pelouse mais également dans un micro-habitat très particulier, sous un surplomb au sommet de la falaise calcaire en exposition sud. Au fond de ce surplomb, une fissure suintante accueille l'espèce en compagnie d'Eucladium verticillatum (With.) Bruch & Schimp. et de Seligeria patula (Lindb.) I.Hagen.

Dicranum tauricum Sapjegin (Observateurs : Marc Douchin et Olivier Bardet, Yonne et Côte d'Or, 2014/2016)

Inédit pour la Bourgogne

Ce Dicranum a été découvert par M. Douchin à la limite des communes de Charbuy, de Perrigny, d'Appoigny et de Branches (89) à "la Pierre St-Martin" dans les fissures de l'écorce d'un Pinus nigra, le 17/07/2014. Elle a ensuite été observée à Dun-les-Places (58) le 27/09/2014 au "Pont de Longault" par O. Bardet, sur la balustrade en chêne de la passerelle passant au-dessus de la Cure. Cette situation anthropique est cohérente avec l'écologie de cette espèce associée au bois mort. Enfin, elle a de nouveau été trouvée en Côte-d'Or à la Motte-Ternant début 2016 (O. Bardet), dans le "Bois des Battées", sur une vieille souche de chêne, dans un versant en exposition nord-est.

Cette espèce est régulièrement citée comme "en expansion" en France par divers bryologues. Elle est régulière dans l'ouest de la Suisse, en Hollande continentale, en Allemagne, en Grande-Bretagne…

Photo : Colonie de Dicranum tauricum sur une souche de Chêne (la Motte Ternant – 21) © Olivier Bardet

Ephemerum cohaerens (Hedw.) Hampe (Observateur : Marc Douchin, Yonne, 2014)

Inédit pour la Bourgogne

Cette espèce fut découverte sur la commune de Saint-Martin-sur-Armançon (89) le 21/05/2014 par M. Douchin dans un tronçon du Canal de Bourgogne mis en assec pour travaux. La plante se montrait assez régulière et colonisait la vase encore fraîche, notamment en haut des crevasses que génère la vase en s'asséchant. Riccia cavernosa Hoffm. emend. Raddi était également visible, de façon plus diffuse. L'échantillon a été vérifié par O. Bardet.

Le site a depuis beaucoup évolué avec la levée et la croissance rapides de nombreux saules qui forment une strate arbustive compacte. Celle-ci, associée à une strate herbacée densifiée notamment par la présence d'Agrostis stolonifera L., entraîne la fermeture du milieu, phénomène néfaste au maintien sur place de l'Ephemerum, espèce pionnière et photophile.

Photo : Feuille de E. cohaerens © Olivier Bardet

Hygrohypnum ochraceum (Turner ex Wilson) Loeske (Observateurs: Olivier Bardet, David Cartier, Matthias Voirin, Yonne, 2014)

Inédit pour la Bourgogne

Cette pleurocarpe a été découverte le 26/08/2016 dans le cours du Vignan, à cheval sur les communes de St-Brisson et Dun-les-Places, par O. Bardet, D. Cartier et M. Voirin. Elle occupe la partie sommitale de petites pierres dans le cours d'eau, à proximité de Sciuro-hypnum plumosum (Hedw.) Ignatov & Huttunen. Une prospection complémentaire après la confirmation de l'identification a permis de constater que l'espèce restait très peu fréquente sur le linéaire du ruisseau. Moins de 5 taches de présence ont été notées sur 200m de linéaire.

Photo : Situation de Hygrohypnum ochraceum sur les pierres du ruisseau (flèche rouge) © Olivier Bardet

Rhynchostegiella teneriffae (Mont.) Dirkse & Bouman (Observateurs : Marc Douchin et Olivier Bardet, Yonne, 2014/2015)

Inédit pour la Bourgogne

Cette espèce des pierres submergées des ruisseaux rapides a été découverte dans le ru de Morillon à la limite des communes de Sauvigny-le-Beuréal et de Sainte-Magnance (89), en avril 2015 par O. Bardet et M. Douchin.

Cette pleurocarpe très fine peut être prise en première approche pour un Hygroamblystegium fluviatile (Hedw.) Loeske, assez régulier dans les ruisseaux sur substrat cristallin. Elle se trouvait d'ailleurs en mélange avec cette dernière sur la station de l'Yonne.

Cette espèce est peu notée dans les régions voisines : elle est menacée (Vulnérable) en Franche-Comté, connue d'une commune en Champagne-Ardenne, non connue en Auvergne et en région Centre mais seulement NT en région Lorraine.

Photo : Aspect général de Rhynchostegiella teneriffae © Olivier Bardet

Sphaerocarpos michelii Bellardi (Observateur : Marc Douchin, Yonne, 2015/2016)

Inédit pour la Bourgogne

L'espèce fut trouvée sur la commune de Charbuy (89) le 03/04/2015 par M. Douchin, au lieu-dit la Courtille, sur le bord d'un champ de maïs récolté en ensilage l'été 2014 et non encore labouré. Elle fut ensuite observée le 16/01/2016 à quelques centaines de mètres de là, dans une aspergeraie, où elle apparut en grand nombre.

Cette espèce est très proche de Sphaerocarpos texanus Austin et il semble impossible de distinguer les deux taxons sans en observer au microscope les spores rassemblées sous forme de tétrades. L'observation de S. michelii dans l'Yonne tendrait donc à montrer qu'il est inutile de vouloir nommer sur le rang spécifique les sujets à l'état juvénile et que, sur les stations où ces plantes sont présentes, il convient d'observer un bon nombre de pieds afin de repérer éventuellement les deux espèces. Elles peuvent en effet cohabiter dans leur habitat de prédilection, les terres cultivées ou remaniées sur sol argilo-sableux, où elles se comportent en pionnières, associées à d'autres bryophytes messicoles telles diverses espèces de Riccia, Entosthodon fascicularis (Hedw.) Müll.Hal. ou encore Ptychostomum rubens (Mitt.) Holyoak & N.Pedersen.

Photo : Spores de Sphaerocarpos michelii sur les restes secs de la plante © Olivier Bardet

Aira armoricana F. Albers, 1979
(Observateurs : Emilie Vallez (CBNBP) et collectif CBNBP, départements Indre-et-Loire, Loir-et-Cher et Loiret, 2016)

Inédit pour la région Centre-Val de Loire

La Canche armoricaine est une graminée annuelle qui ressemble beaucoup à la Canche à nombreux épillets, Aira multiculmis Dumort., par son tallage potentiellement important et ses épillets regroupés au sommet des rameaux mais s'en distingue, en particulier, par la plus grande longueur de ses épillets. Longtemps passé inaperçue dans notre région, cette espèce a été repérée pour la première fois en 2015 par Emilie Vallez sur un chemin de la forêt d'Orléans dans le Loiret. Fort de cette expérience, cette canche a été découverte cinq autres fois en 2016 lors des inventaires CBNBP, en Indre-et-Loire et dans le Loir-et-Cher, et pourrait se révéler finalement assez répandue en région. Aira armoricana est à rechercher dans les pelouses à annuelles, les friches agricoles ou les cultures des terrains sablonneux.

Part d'herbier de Aira armoricana des pelouses des Hauts de Bertignolles à Savigny-en-Véron (Indre-et-Loire), 18 juin 2016, Rémi Dupré (CBNBP)
Part d'herbier de Aira multiculmis d'une culture à Vierzon (Cher), 12 juin 2016, Luc Berrod (CBNBP)

Asplenium x-alternifolium Wulfen, 1781 (nsubsp. alternifolium)
(Observateur : Michel Boudrie, Indre, 2016)

Retrouvé en Centre-Val de Loire

Cet hybride de fougère entre Asplenium septentrionale et A. trichomanes subsp. trichomanes est très reconnaissable à ses feuilles aux divisions étroites, peu nombreuses et espacées. Il était traditionnellement connu dans la Marche, région naturelle collinéenne en bordure sud de la région. Côté département du Cher, la petite station observée en vallée de l'Arnon par Michel Boudrie en 1994 n'a malheureusement pas été retrouvée en 2015, le milieu étant devenu trop ombragé. Par contre, plus à l'ouest, côté département de l'Indre, Michel Boudrie, dans le cadre de ses prospections fougères dans le Berry, vient tout juste de retrouver une station inédite, composée d'un individu assez robuste en compagnie de ses parents, sur un affleurement rocheux de la vallée de la Creuse en contrebas du barrage d'Eguzon. Cet hybride n'avait plus été revu dans ce secteur, sur la commune de Baraize, depuis l'observation de Pierre Plat en 1986.

Photo : la touffe d'Asplenium x-alternifolium de Cuzion (Indre), 21 aout 2016 © Michel Boudrie

Trichophorum cespitosum subsp. germanicum (Palla) Hegi, 1908
(Observateur : Damien Avril (SEPANT) et Dominique Tessier (SBL), Indre-et-Loire, 2016)

Protégé régional
En danger critique de disparition (CR) selon le Livre rouge régional
Déterminant de ZNIEFF
Retrouvé en Indre-et-Loire

Le Scirpe cespiteux est une cypéracée en forte régression en Centre-Val de Loire où il n'est répandu actuellement que dans l'est de la Sologne. En Indre-et-Loire, il était seulement connu historiquement dans le Bassin de Savigné à proximité du Maine-et-Loire (Tourlet, 1908). Dans cette petite région naturelle, Damien Avril et Dominique Tessier ont eu la joie de trouver en 2016 une petite station dans une lande humide à bruyères au sein d'un massif forestier à Avrillé-les-Ponceaux, en compagnie de deux petites plantes carnivores particulièrement rares, Drosera intermedia et Pinguicula lusitanica. Cette bonne surprise laisse espérer d'autres découvertes dans les années qui viennent dans ce secteur autrefois riche en landes.

Photo : station de Trichophorum cespitosum d'Avrillé-les-Ponceaux (Indre-et-Loire), 13 juillet 2016 © Damien Avril

Hookeria lucens (Hedw.) Sm.
(Observateur : Anne-Hélène Paradis, Florient Desmoulins & Rémi Dupré (CBNBP), Rémy Poncet (SPN), Loiret, 2016)

Liste rouge régionale
Déterminant de ZNIEFF
Inédit pour le Loiret

Mousse tapissante très caractéristique avec ses feuilles un peu charnues, d'un vert pâle brillant, et imbriquées dans un même plan. Lors d'une étude Bryophytes effectuée en 2016 pour le Conseil départemental du Loiret, elle a été observée au sein d'une aulnaie marécageuse à Osmonde royale et Prêle des bois en basse vallée de l'Aquiaulne, petite rivière située en périphérie nord-est de la Sologne. Cette espèce aux affinités montagnardes prononcées, plutôt rare en plaine, est connue en région dans les secteurs collinéens plus arrosés du Pays Fort du Cher, du Perche d'Eure-et-Loir et très localement dans la Marche du Cher. Son observation inédite pour le Loiret, d'après le catalogue des bryophytes du Loiret de Yann Dumas (Irstea), confirme les influences submontagnardes de ce secteur de l'Aquiaulne et permet d'augmenter sensiblement son aire de présence régionale.

Photo : Hookeria lucens © Rémi Dupré (CBNBP)

Metzgeria violacea (Ach. in F.Weber & D.Mohr) Dumort.
(Observateur : Pierre Boudier & Rémi Dupré (CBNBP), Indre, 2016)

Liste rouge régionale
Déterminant de ZNIEFF
Inédit pour l'Indre

Toute petite hépatique à thalle ayant la particularité de prendre une teinte bleutée caractéristique en séchant et se développant exclusivement sur l'écorce d'arbres, en particularité des saules, en atmosphère humide. En Centre-Val de Loire, l'espèce est actuellement très rare et connue seulement à notre connaissance à l'Etang de Beaumont en Sologne du Loir-et-Cher (V. Hugonnot, 2011) ainsi qu'en Eure-et-Loir où elle a été observée par Pierre Boudier. En 2016, elle a été repérée en Brenne par Pierre Boudier et Rémi Dupré (CBNBP) dans la saulaie inondable des rives de l'Etang Ex-Chèvres à Migné, propriété du Conservatoire des Espaces Naturels du Centre-Val de Loire. Metzgeria violacea est nouvelle pour l'Indre d'après la cartographie en cours de Pierre Plat sur les bryophytes de ce département.

Photo : Metzgeria violacea © Pierre Boudier

Mycena adonis (Bull. : Fr.) S.F. Gray
(Observateur : Florient Desmoulins (CBNBP), Loiret, 2016)

Liste rouge régionale
Déterminant de ZNIEFF

La Mycène jolie est un champignon dont la présence n'est pas inédite pour le Loiret mais sa rareté assez généralisée sur l'ensemble du territoire métropolitain en fait une très belle observation de l'année 2016. Elle est également considérée comme en danger critique d'extinction sur la liste rouge à dire d'expert de la région Centre-Val de Loire coordonnée par Albert Péricouche. La petite taille de ce basidiomycète pourrait largement le faire passer inaperçu si ce n'était la couleur rouge à rose vif de son chapeau qui tranche nettement avec les milieux environnants. Il a été observé au milieu des sphaignes dans une lande tourbeuse colonisée par les bouleaux en vallée de l'Aquiaulne dans le cadre de l'inventaire permanent des ZNIEFF du Loiret.

Photo : Mycena adonis au milieu des sphaignes en vallée de l'Aquiaulne (Loiret), 15 octobre 2016 © Florient Desmoulins (CBNBP)

Expansion de la Crépide à feuilles de capselle en Île-de-France (Crepis bursifolia)
(Observateur : J. Vallet et F. Perriat, Île-de-France, 2015-2016)

Inédit pour la région Île-de-France

Originaire d'Italie, cette espèce est citée en France dès le XIXème siècle et montre une dynamique de colonisation importante en zone méditerranéenne  où elle commence à remonter la vallée du Rhône et sur le littoral atlantique. En Île-de-France, elle était citée dans la bibliographie récente et a fait l'objet de nombreuses observations en 2015 et 2016. Elle est désormais connue dans quatre départements (78, 91, 93, 95) et elle semble assez fréquente dans certains comme en Seine-Saint-Denis. Elle est à rechercher en zones urbaines, notamment dans les pelouses.

Photo : station de Crepis bursifolia © Fabrice Perriat

Confirmation de la présence de la Sabline visqueuse en Île-de-France (Minuartia viscosa)
(Observateur : F. Desmoulins, Buno-Bonnevaux, Île-de-France, 2015)

Inédit pour la région Île-de-France

La Minuartie visqueuse est une espèce en limite de répartition septentrionale en Île-de-France, région qui abrite les seules populations connues au nord de la vallée de la Loire. Citée dans une publication récente dans le massif de Fontainebleau et dans la vallée de l'Essonne à Buthiers, elle a été découverte en 2015 dans cette même vallée, à Buno-Bonnevaux. Cette plante, à l'écologie stricte, est liée aux pelouses sableuses mélangées (sables siliceux et calcaires)  ; elle est à rechercher dans le massif de Fontainebleau et le Gâtinais, où elle demeure probablement extrêmement rare. Il existe un fort risque de confusion avec les formes glanduleuses de Sabline intermédiaire (Minuartia hybrida), espèce largement répandue dans la région.

Photo : station de Minuartia viscosa © Fabrice Perriat

Découverte de nouvelles stations de Cytise couché en Île-de-France (Cytisus decumbens)
(Observateurs : R. Cousin, F. Perriat, Val d'Oise et Yvelines, 2016-2017))

Protégé régional
En danger critique d'extinction (CR) selon le Livre rouge régional
Déterminant de ZNIEFF

Le Cytise retombant est une espèce dont la répartition en France est restreinte au quart nord-est, son secteur de prédilection, ainsi qu'à quelques secteurs favorables du Massif Central et stations marginales dans les Pyrénées centrales. Cette espèce a fait l'objet d'un plan de conservation en Île-de-France en 2016, ce qui a permis de découvrir de nouvelles stations à Haute-Isle (Val d'Oise) et dans la vallée de la Mauldre et Crespières à Mareil-sur-Mauldre (Yvelines). Ces populations franciliennes se trouvent en disjonction de l'aire principale de répartition de cette espèce et en limite nord-occidentale de répartition. Il existe un très fort risque de confusion de la plante avec le Genêt des teinturiers (Genista tinctoria), qui l'accompagne dans la plupart de ses stations d'Île-de-France.

Photo : station de Cytisus decumbens © Fabrice Perriat

Une nouvelle station de Silène de France (Silene gallica) L., 1753
(Observateur : S. Filoche, Yvelines, 2016)

En danger critique d'extinction (CR) selon le Livre rouge régional
Déterminant de ZNIEFF
Inédit pour les Yvelines

La Silène de France est une espèce d'affinité méridionale et atlantique, en limite d'aire dans notre région. Autrefois, plutôt commune, elle a progressivement disparue de notre région ; on la trouvait alors dans les cultures, les vides de landes ou des friches sur des milieux sableux. Après, sa découverte à Treuzy-Levelay en 2012 (Seine-et-Marne), elle a été à nouveau observée sur la commune de Moisson en 2016. Dans les deux cas, ce retour coïncide à des travaux de rajeunissement de landes. Les effectifs sont dans les deux cas plutôt retreints. La Silène de France demeure en situation précaire puisque la pérennité des stations dans le temps dépend d'un travail de régénération régulier du sol.

Photo : station de Silene gallica de Moisson (Yvelines), 25 mai 2016 © Sébastien Filoche

Découverte d'une nouvelle station de Dicranum majus Sm.
(Observateur : S. Filoche, Yvelines, 2016)

Déterminant de ZNIEFF

Cette bryophyte, déterminante de ZNIEFF, possède des rameaux longuement et uniformément recourbés à leurs extrémités. Elle ressemble très fortement à la plus commune Dicranum scoparium, avec laquelle elle peut être facilement confondue, même si elle est un peu plus grande comme l'illustre la photo (D. scoparium est au premier plan, D. majus au second).
Cette mousse des milieux boisés ou semi-ombragés se développe sur des sols acides, le plus souvent directement sur le sol, en exposition Nord ou Est. Elle est présente sur la commune de Saint-Rémy-lès-Chevreuse, le long d'un talus forestier orienté au nord en compagnie de plusieurs autres espèces remarquables, notamment des hépatiques, formant ainsi un cortège d'ensemble des plus intéressants. Il s'agit ici de la deuxième station de notre région et de la 8ème pour l'ensemble du territoire d'agrément du CBNBP. La station historique francilienne, trouvée par J. Bardat, était jusque-là considérée comme probablement unique. Cette dernière station, se trouve dans un pierrier exposé à l'est, sur la commune de Senlisse, aux Vaux de Cernay.

Photo : Dicranum scoparium au premier plan et Dicranum majus au second © Jeanne Vallet

Découverte d'une bryophyte exceptionnelle : Palustriella commutata (Hedw.) Ochyra
(Observateur : S. Filoche, Val d'Oise, 2016)

Redécouverte pour la région Île-de-France

Cette bryophyte pleurocarpe a été observée sur la commune de Mériel (Marais de Stors) dans des zones nouvellement ouvertes, en compagnie d'Anagallis tenella. Cette espèce qui n'avait pas été revue depuis longtemps en Île-de-France, est probablement en forte régression suite à la destruction des bas marais alcalins ou à la pollution des marais restants. Cette mousse tapissante morphologiquement proche de Cratoneuron filicinum, se distingue par ses feuilles falciformes et plissées (feuilles non plissées chez Cratoneuron filicinum). Elle forme des tapis dans les zones gorgées d'eau du marais, en situation bien ensoleillée, oligotrophe et calcaire. Elle indique ici une certaine minéralisation de la tourbe en place. A noter que cette espèce est plutôt sensible à la pollution.

Photo : Palustriella commutata © Pierre Boudier

Nymphoides peltata (S. G. Gmel.) Kuntze, 1891
(Observateurs : Didier Druart et Bruno Mosimann (ONEMA), Haute-Marne, 2015)

La recherche de plantes invasives peut réserver de belles surprises.

En prospectant des étangs de la haute vallée de la Meuse sur la commune de Dammartin (52) dans le cadre de la surveillance de stations de Jussies (Ludwigia grandiflora et Ludwigia peploides), plantes exotiques envahissantes, Didier Druart et Bruno Mosimann (ONEMA) ont été surpris par les fleurs jaunes d'une autre plante aquatique, le Faux-Nénuphar (Nymphoides peltata), qu'ils voyaient pour la première fois.

Le Faux-Nénuphar peuple préférentiellement les étangs et noues, dans des eaux mésotrophes, basiques à neutres et peu profondes. Cette espèce a vu ses populations régresser fortement au cours des dernières décennies dans la moitié nord de la France. Inscrite sur la Liste rouge des plantes vasculaires menacées de Champagne-Ardenne, elle n'avait pas été revue en Haute-Marne, à notre connaissance, depuis une vingtaine d'années !

Photo : Didier Druart ©ONEMA 52

Marsilea quadrifolia L.
(Observateurs : Riotton-Roux, Loir-et-Cher, 2014)

La prospection systématique des stations historiques de la Marsilée à quatre feuilles (Marsilea quadrifolia L.) en Sologne, en 2013 et 2014, a permis de redécouvrir deux populations sur les communes de Romorantin-Lanthenay et Mur-de-Sologne après une période sans observation de plus d'un siècle.

Cet article est l'occasion de dresser un bilan de sa présence en région Centre. Malgré la chute de ses effectifs en vallée de la Loire, la Marsilée semble relativement stable dans ses autres secteurs de présence historique avec même des découvertes très récentes dans des régions naturelles où elle n'était pas connue. ©Rémuce, Orléans (Loiret), 2015.

Eleocharis obtusa (Willd.) Schult.
(Observateurs : Guillaume Larregle et Julien Bottinelli, Seine-et-Marne, 2014)

Découvert sur les berges d'une gravière en vallée de la Marne à Luzancy, ce scirpe annuel ressemble à première vue à Eleocharis ovata (Roth) Roem. & Schult. Il s'en distingue par un mamelon d'au moins 0,5 mm de large, supérieur aux deux-tiers de la largeur de l'akène qu'il surmonte, et par ses trois stigmates (contre 2 chez E. ovata). Régulièrement signalé dans des pays voisins (Belgique, Italie…), sa première mention en France devrait être l'occasion de la publication d'un article dans une revue de botanique. Passant facilement inaperçu, il serait à rechercher et à confirmer ailleurs en France dans les stations signalées récemment d'Eleocharis ovata hors de leur contexte habituel (vases eutrophes plutôt acides en bord d'étang).

Photo : Julien Bottinelli

Oenanthe fluviatilis (Bab.) Coleman.
(Observateurs : Thierry FERNEZ (CBNBP), Seine-et-Marne, 2014)

À l'occasion de prospections en canoë sur le site Natura 2000 « Rivières du Loing et du Lunain » pour en caractériser les végétations, nous avons eu l'occasion d'observer l'Oenanthe des rivières (Oenanthe fluviatilis (Bab.) Coleman, 1844). Cette espèce, rarissime en France, était encore connue dans plusieurs vallées de la région au début du XXe siècle (vallées de la Juine, de l'Essonne, du Loing, canal de l'Ourcq et rivières du Vexin). Elle aurait été observée pour la dernière fois sur le cours de l'Essonne à La Ferté-Alais dans les années 1970. Le plus souvent stérile et submergée, elle reste de détermination délicate et passe facilement inaperçue. Elle se distingue de l'Oenanthe aquatique (Oenanthe aquatica (L.) Poir., 1798), sa plus proche voisine, par des feuilles submergées cassantes à segments terminaux allongés-cunéiformes et à odeur anisée.
Sur le Loing, elle avait été signalée une unique fois à Moret-sur-Loing en 1931 par Paul Duclos. Sa redécouverte cette année nettement plus en amont, sur la commune de Souppes-sur-Loing, est un signe encourageant car indicatrice de la bonne qualité des cours d'eau. Toutefois, les deux stations de quelques individus chacune de cette plante oubliée des statuts réglementaires restent dans une situation très précaire et des mesures de préservation seraient à envisager rapidement. Des prospections complémentaires sont également prévues dans les années qui viennent par le CBNBP pour retrouver d'autres stations sur le Loing, en Seine-et-Marne et dans le Loiret tout proche.

Splachnum ampullaceum Hedw.
(Observateurs : Olivier BARDET (CBNBP), Nièvre, 2011)

Le Conservatoire botanique national du Bassin parisien s'intéresse désormais aux bryophytes et, bien que débutant, les premières observations intéressantes émergent.
La tourbière de Montbé (Gouloux – Nièvre) est propriété du PNR du Morvan et fait l'objet depuis 5 ans d'un plan de gestion et de mesures de restauration. Le suivi des végétations et des liens avec la gestion sont assurés par le CBN.
Lors des suivis de 2011 (septembre), une petite tache verte sur une bouse de bovin a attiré notre attention… L'examen microscopique a confirmé l'espèce comme étant Splachnum ampullaceum. La détermination a été confirmée sur photographie des feuilles par P. Boudier et J. Bardat.
S. ampullaceum est une espèce coprophile, présente uniquement en tourbière ou bas-marais pâturé. Ses exigences écologiques sont très strictes. Elle est en très grande régression au niveau national et désormais surtout connue du Massif central (HUGONNOT 2003). Elle est retenue dans les espèces SCAP.
L'un des côtés intéressants de cette découverte tient au fait que la reprise du pâturage d'une partie de la tourbière est très récente : depuis début 2010 avec des chevaux et depuis le printemps 2011 avec des Highland Cattle. L'espèce est très majoritairement associée aux bouses de bovin et sa réapparition serait donc très rapide.

HUGONNOT V. (2003). - Répartition française actuelle de la mousse coprophile Splachnum ampullaceum Hedw.. Bull. Soc. Bot. Centre-Ouest, 34 : 345-348.

Ranunculus ophioglossifolius Vill.
(Observateurs : Patricia VAHRAMEEV (CBNBP), Eure-et-Loir, 2011)

La Renoncule à feuilles d'ophioglosse, espèce proche de sa limite nord-est d'aire de répartition, se distingue de la très commune Ranunculus flammula par sa souche grêle liée à son caractère annuel, par ses feuilles inférieures ovale-arrondies, plus ou moins en coeur à la base et des fleurs plus petites à pleine maturité de la plante. Il s'agit d'une espèce pionnière fréquentant les zones dénudées dans les dépressions engorgées ou inondables des prairies alluvionnaires, les rives de mare ou d'étang et les fossés, sur des sols essentiellement minéraux et plus ou moins riches en bases.
Recensée au XIXe siècle comme très rare et sporadique sur la région Centre, mais avec une zone de présence préférentielle en vallée du Cher et de la Loire après sa confluence, ainsi que sur le réseau hydrographique environnant, dont le Bassin de Sévigné en Indre-et-Loire (Le Grand, 1894 ; Martin, 1894 ; Franchet, 1885 ; Tourlet, 1908).
De nos jours, son secteur de prédilection est situé dans le sud de la région, la Brenne et la vallée de l'Indre, où cette espèce était probablement méconnue autrefois. Sa présence en vallée du Cher est devenue exceptionnelle à cause de la forte régression des prairies et de la faible inondabilité de la vallée, notamment dans sa partie aval endiguée. Plus au nord, sa présence est plus dispersée avec des mentions récentes inédites dans le Loiret, en vallée de la Loire (obs. François Hergott, 2005) et en Puisaye (obs. Laurent Léquivard, 2002), ainsi que pour l'Eure-et-Loir en vallée du Loir (obs. Patricia Vahrameev [CBNBP], 2011). Espèce en régression, mais probablement aussi méconnue, à rechercher sur toute la région dans les prairies inondables.

Spergularia segetalis (L.) G. Don
(Observateurs : Rémi DUPRE (CBNBP) et Christophe RENAUD (ONCFS), Cher, 2011)

Petite espèce annuelle très grêle, difficile à repérer dans la végétation, mais nettement caractérisée par son port dressé et rameux, les collerettes membraneuses aux noeuds et les sépales blanchâtres munis d'une nervure verte.
Cette espèce était autrefois une compagne des moissons des terrains sablonneux, « surtout dans les dépressions où l'eau a séjourné l'hiver » (Tourlet, 1908), considérée assez rare dans une grande partie de la région, mais fréquente dans les régions naturelles sableuses comme la Sologne (Martin, 1894) et la Brenne (Le Grand, 1894).
Depuis, elle a complètement disparu des cultures, ne supportant pas les herbicides, les engrais et le chaulage, peut-être aussi à cause d'une meilleure maîtrise du drainage des terres cultivées. La Spergulaire des moissons est devenue exceptionnelle aujourd'hui. Elle se rencontre encore en Brenne à la faveur de quelques micro-stations naturelles où l'eau de pluie hivernale a tendance à stagner, au sein de prairies maigres ou à la faveur d'affleurements de dalles de grès (Pinet, 2005). Quelques individus ont été revus en 2011 à Allogny, en Sologne du Cher, dans les ornières d'une bande sarclée sous une ligne Haute-Tension en compagnie de Briza minor et Silene gallica, deux autres plantes traditionnelles des cultures sablonneuses peu amendées (obs. Christophe Renaud [ONCFS] et Rémi Dupré [CBNBP]). A rechercher attentivement dans ce type de milieu de substitution pour messicoles, en contexte sablonneux, acide et pauvre en éléments nutritifs. Ces bandes sarclées sont mises en place pour la chasse et se rencontrent notamment régulièrement en Sologne et dans les grands massifs forestiers le long des voies de communication.

Stipa gallica Celakovsky
(Observateurs : Rolland PAILLAT(CEN Centre) et Johan CLAUS (CPIE Touraine Val de Loire), Indre-et-Loire, 2011)

Graminée se reconnaissant très facilement par la présence dans l'inflorescence d'arêtes flexueuses, plumeuses, très longues et flottant dans le vent. Espèce essentiellement méridionale en France, se raréfiant fortement vers le nord où elle se présente sous forme de populations isolées dont la dernière atteint les coteaux de la Seine en Normandie et Ile-de-France. Elle affectionne les pelouses calcaires clairsemées, les plus sèches et les plus ensoleillées, se développant sur les affleurements rocailleux au sommet de petits versants.
Anciennement cité de trois secteurs en région Centre, les Puys du Chinonais en Indre-et-Loire, la Champagne berrichonne du Cher et les coteaux de la vallée de l'Essonne à Malesherbes dans le Loiret. Cette dernière référence, qui est répétée notamment dans plusieurs flores et catalogues anciens d'Ile-de-France, est douteuse et pourrait être attribuée à une station historique située à quelques centaines de mètres du village de Malesherbes mais dans le département de l'Essonne. Même si le Stipe penné n'a peut-être jamais été observé dans le Loiret, sa présence reste possible et il est à rechercher sur les versants favorables de la vallée de l'Essonne.
En Champagne berrichonne, il est en régression et localisé sur les pelouses rocailleuses de quelques coteaux remarquables pour leur flore méridionale, comme les stations connues de longue date des Chaumes de Verniller à la Chapelle-Saint-Ursin ou ceux de la Périsse à Dun-sur-Auron, tous deux gérés par le Conservatoire des Espaces Naturels du Centre. Ce Stipe vient tout juste d'être retrouvé en 2011 sur deux petites stations dans le Chinonais, à Beaumont-en-Véron (obs. Rolland Paillat [CEN Centre]) et à Chinon à la Jonjarbe (obs. Johan Claus [CPIE Touraine Val de Loire]). Cette dernière station est historique puisqu'un échantillon de l'herbier Tourlet y a été récolté en 1886.

Galium saxatile L.
(Observateurs : Fabrice PERRIAT (CBNBP), Val d'Oise, 2011)

Le Gaillet du Harz est présent en France principalement dans les montagnes du Massif central, ainsi que dans les Vosges et les Pyrénées. En plaine, il reste cantonné à quelques régions, principalement dans le nord-ouest.
C'est une plante acidiphile, héliophile ou de demi-ombre, qui occupe des pelouses pérennes fermées, sèches à fraîches, des coupes et lisières forestières sur sols acides (principalement siliceux), au sein de systèmes landicoles ou de prairies tourbeuses. Plus rarement, elle peut s'observer dans des sous-bois de chênaies acidiphiles.
Cette espèce, non revue en Ile-de-France depuis le début du XXe siècle (P. Allorge, 1922), a été découverte dans une lande acide très rase à Maudétour-en-Vexin. Ce Gaillet est abondant mais sur une surface très localisée, dans une clairière, en compagnie du Polygale à feuilles de serpolet (Polygala serpyllifolia Hose), qui constitue lui aussi une redécouverte pour le département du Val d'Oise. Ce cortège forme un habitat original, relictuel et unique pour la région.
Cette station est très menacée du fait de sa localisation dans un golf en cours de création. Le décapage très ras de la lande au cours des travaux semble d'ailleurs être la cause de la réapparition de ces deux espèces. Toutefois, en cas de poursuite du terrassement ou d'emploi de produits phytosanitaires d'entretien du futur golf, ces espèces originales ne survivront pas.
Une seconde population, d'à peine plus de 10 individus a également été découverte en 2011 à Saint-Léger-en-Yvelines, non loin du célèbre site des Barillets. Le Gaillet du Harz se localise en bordure d'un chemin sablonneux jouxtant un boisement acidiphile. La faiblesse de l'effectif rend cette population elle aussi très vulnérable.

Cuscuta campestris Yunck., 1932
(Observateurs : Jeanne Vallet (CBNBP), Sarthe, 2011)

Une prospection en octobre a permis de découvrir la 1568e espèce du département de la Sarthe : la cuscute des champs, Cuscuta campestris. Facilement repérable à sa couleur orange vif, elle nécessite néanmoins un examen attentif afin de la distinguer notamment de la Cuscute volubile (Cuscuta scandens). Cette espèce, jamais citée par le passé en Sarthe, est naturalisée en différents points de notre territoire d'agrément et particulièrement fréquente le long de la Vallée de la Loire. La voici désormais en Sarthe sous la forme d'une petite population dans une friche non loin d'une autoroute : s'y maintiendra-t-elle ?

Oenanthe fluviatilis (Bab.) Coleman.
(Côte-d'Or, 2005-2006)

Cette espèce des rivières lentes n'avait pas été revue depuis les années 1930 en Bourgogne. Elle a été retrouvée dans la rivière la Bèze sur deux communes proches en 2005 puis deux autres en 2006. La redécouverte de cette espèce rarissime et en grande régression, qui plus est dans le contexte très dégradé de la plaine de Saône, est à la fois surprenante et encourageante.

Polycnemum majus A.Braun.
(Observateurs : G. Fried, Côte-d'Or, 2005-2006)

Encore une espèce qui n'avait pas donné lieu a une observation depuis de nombreuses années en Bourgogne. L'observation d'un pied à Cussy-la-Colonne en 2004 confirme que l'espèce fait encore partie de la flore de Bourgogne. Elle a été retrouvée en 2005 et 2006 sur la commune de Fleurey-sur-Ouche par un correspondant (G. Fried).

Amaranthus viridis L.
(Côte-d'Or, 2005)

Encore une espèce d'origine étrangère nouvelle pour le département de la Côte d'Or. L'Amaranthe verte a été notée dans le village de Perrigny-sur-l'Ognon le 09/08/2005. Les amaranthes forment un groupe complexe et l'espèce est peut être passée inaperçue jusque là.

Lemna minuta Kunth.
(Côte-d'Or, 2005)

Cette lentille d'eau originaire d'Amérique du nord était connue de Nièvre et de Saône-et-Loire mais pas de Côte-d'Or. Elle a été découverte le 20/04/2005 dans le parc du Château de Longecourt-en-Plaine (21) dans différents fossés. On notera la présence dans le parc boisé de la Tulipe sauvage (Tulipa sylvestris L.), déjà citée ici en 1910 dans la flore de VIALLANES ET D'ARBAUMONT.

Potamogeton x zizii Koch ex Roth
(Côte-d'Or, 2005)

Potamogeton x zizii Koch ex Roth est l'hybride entre Potamogeton gramineus L. et Potamogeton lucens L.. La troisième mention pour cet hybride très rare, parfois considéré comme une espèce à part entière, provient d'une gravière à Montagny-lès-Beaune (21) le 30/08/2005. Il n'y a pas d'autre mention moderne en Bourgogne.

Thymelaea passerina (L.) Coss. & Germ.
(Observateurs : Ch. Girod et G. Fried, Côte-d'Or, 2006)

Thymelaea passerina (L.) Coss. & Germ. est une messicole rarissime en Bourgogne qui n'avait fait l'objet que de très peu de mentions récentes. Elle a été trouvée le 28/09/2005 à Bouhey (21) sur quelques m² et à Fleurey-sur-Ouche en 2006 (Ch. Girod et G. Fried).

Deschampsia media (Gouan) Roem. & Schult. (Côte-d'Or, 2005-2006)

Deschampsia media (Gouan) Roem. & Schult. est une espèce des pelouses mésohygrophiles sur calcaires ou argile, avec une tendance assez thermophile. Ces prairies ayant été éradiquées de la plaine de Saône, elle semblait avoir disparue de cette région naturelle. Elle a toutefois été retrouvée à Izier (21) le 03/11/2005 en bordure d'une gravière, menacée d'étouffement par la végétation arbustive et en 2006 à Spoy sur un ancien site d'extraction de graviers.

Euphorbia serpens Kunth et Euphorbia humifusa Willd. ex Schltr
(Nièvre, 2005)

Deux nouvelles espèces appartenant au groupe des petites euphorbes prostrées ont été observées dans la Nièvre en 2005. Découverte pour la première fois en Bourgogne en 2002 dans le département de la Saône-et-Loire, Euphorbia serpens Kunth a été observée en Nièvre sur la commune de Montigny sur Canne le 05/07/2005, au niveau du cimetière. Quant à Euphorbia humifusa Willd. ex Schltr, notée pour la première fois en Bourgogne en 2004 dans le département de la Côte d'Or, c'est à Ruages, également dans le cimetière, qu'elle fut découverte dans le département nivernais, le 22/07/2005.

Tragus racemosus (L.) All. (Nièvre, 2005-2006)

La Bardanette en grappe a été découverte en Bourgogne, d'abord en Côte d'Or (2001), puis en Saône-et-Loire (2002). La première station nivernaise de cette graminée à l'aspect bien particulier est située dans la gare SNCF de St Pierre le Moutier, au niveau de voies abandonnées. Le sol très sablonneux et les espèces qui accompagnent la bardanette font penser à une pelouse alluviale sur sables. On y trouve en effet Corynephorus canescens (L.) P.Beauv., Chondrilla juncea L., Senecio viscosus L., Plantago coronopus L., Herniaria hirsuta L., Sporobolus indicus (L.) R.Br., etc...

Epilobium dodonaei Vill.(Nièvre, 2005)

Connue depuis longtemps en Côte d'Or et en Saône-et-Loire, cette espèce a été découverte dans la Nièvre sur la commune d'Epiry le 17/10/2005. Station située au niveau de la carrière de Montauté.

Polygonum aviculare L. subsp. rurivagum (Jord. ex Boreau) Berher
(Nièvre, 2005)

Notée à trois reprises en 2005 dans la Nièvre, sur les communes de Frasny-Reugny, Jailly et Arquian.

Dittrichia graveolens (L.) Greuter(Nièvre, 2005-2006)

C'est sur un stade abandonné, en voie d'affaissement important, qu'a été observée l'Inule fétide, le 04/10/05 sur la commune de la Machine. Cette astéracée très glanduleuse, à très forte odeur de camphre, a colonisé une grande partie du sol sableux de ce stade, en compagnie de Chenopodium botrys L. C'est la deuxième mention récente de l'espèce dans la Nièvre, portant à 8 le nombre de stations bourguignonnes observées récemment.

Ranunculus paludosus Poir. (Nièvre, 2005-2006)

En Bourgogne, cette renoncule semblait strictement inféodée aux vals de Loire et d'Allier. La découverte d'une station hors de ces vals, sur le terrain de foot de Guérigny (et en compagnie de Trifolium subterraneum L.) est ainsi intéressante à signaler.

Linaria pelisseriana (L.) Mill. (Saône-et-loire, 2006)

Cette Linaire annuelle, considérée comme une accidentelle disparue de Bourgogne par F. Bugnon a été retrouvée en 2006 sur la commune d'Ouroux-sur-Saône dans des champs sableux près du village.

Myosotis balbisiana Jord. (Saône-et-loire, 2005-2006)

Cette espèce à éclipse a été vue en 2004 dans quatre localités : à Chissey-en-Morvan, sur un talus bordant un pré maigre et dans un ourlet acidiphile à Deschampsia flexuosa, à Gilly-sur-Loire, sur une Dune à Corynephorus canescens et Sesamoides purpurascens et à Marcilly-la-Gueurce (Brionnais) dans une prairie maigre à Orchis morio.

Ceratocapnos claviculata (L.) Lidén (Saône-et-loire, 2005)

L'espèce a été observée sur plusieurs milliers de m² de coupes et clairières forestières acidiphiles, le 1/7/2005, à Vergisson. Ce Fumeterre à distribution atlantique avait déjà été observé en 1986 non loin de là, à Solutrée-Pouilly (par Marguerite NICOLAS). Elle se trouve ainsi confirmée, dans ce secteur du Maconnais et ceci dans sa seule station connue de Bourgogne et ceci nettement à l'est de son aire de répartition.

Allium angulosum L. (Saône-et-loire, 2005)

Cet Ail rarissime des prairies inondables présentait de belles populations en début septembre 2004 à Saint-Symphorien-d'Ancelles (plaine de Saône en région mâconnaise). Deux populations ont été observées en prairie inondable du Bromion racemosi Tüxen in Tüxen & Preising 1951 nom. Nud. le 29/6/2005 à Saint-Albain et le 1/9/2005 et à VARENNES-LES-MACON. Ces données confirment la présence dans le maconnais de cet ail dont l'observation semble facilitée par sa floraison estivale, à la période des regains. L'espèce a également été observée le 16 aout 2005 à Varennes-le-Grand par des botanistes correspondants.

Scirpus atrovirens Willd. (Saône-et-loire, 2005)

Deux nouvelles observations s'ajoutent à celles de 2002 ce qui porte à quatre le nombre de stations pour cette espèce récemment naturalisée en France : une population importante a d'abord été notée le 7 juillet 2005 dans en layon forestier argileux à Bissey-sous-Cruchaud au pied de la côte Chalonnaise. Cette localité est très excentrée des stations observées dans l'est de la Bresse. Le 16 juillet une autre station plus restreinte a été observée à Frangy-en-Bresse.

Radiola linoides Roth. (Saône-et-loire, 2005-2006)

Un grand nombre d'individus ont été observés dans un layon forestier sur sables acides à St-Vincent-Bragny en compagnie de Anagallis minima (L.) E.H.L.Krause et de Polygala serpyllifolia Hose.

Euphorbia palustris L. (Yonne, 2005-2006)

Depuis MERAT au 18ème siècle, cette espèce n'avait plus été noté. C'est en 2003 que Marc DOUCHIN la redécouvre à LUCY-sur-YONNE près du Canal du Nivernais ce qui laisse présager d'une probable implantation récente (transport par les bateaux). Il en va de même de la station trouvée à VENIZY (Jovinien) où le seul pied (belle touffe adulte) se situe entre un bord de route et une peupleraie d'où un possible apport lors de travaux sylvicoles.

Ranunculus lingua L. (Yonne, 2005-2006)

Cette espèce non revue depuis 1980 (G . DUCERF à l'Etang de Galetas, commune de DOMAT) a été observée dans une queue d'étang à VILLENEUVE-la-DONDAGRE (Gatinais) commune voisine de DOMAT.

Viola pumila Chaix
(Observateur: Patrice LANFANT, Yonne, 2005-2006)

Une nouvelle station de 3 pieds de cette espèce a été découverte dans le département de l'Aube. Elle a été trouvée associée à Allium angulosum et Viola elatior. Viola pumila est seulement connue pour la région dans la vallée de l'Aube et dans le département des Ardennes.

Sisymbrium supinum L. (Observateur: Patrice LANFANT, Yonne, 2005-2006)

Deux nouvelles stations ont été enregistrées en 2005-2006 sur les communes de Vinets et Ormes (Aube). Cette espèce est une pionnière des carrières et dépôts de betteraves en Champagne crayeuse, où elle est souvent observée et connue notamment de certains agriculteurs.

Viola elatior Fr.
(Observateur: Françoise MORGAN (CBNBP), Jean-Marie Royer et Christophe HERVE (LPO),Frédéric Fy (CBNBP), Marne, 2005-2006)

Découverte en 2005 dans la vallée de Marne, notamment sur les communes de Vraux et Pogny (département de la Marne). Cette espèce était connue antérieurement dans le département, mais ces deux communes sont nouvelles pour la Champagne crayeuse. D'autres stations ont été découvertes en 2006 par Frédéric FY dans des zones proches.

Tulipa sylvestris L.
(Observateur: Françoise MORGAN (CBNBP), Cécile BARBIER, Haute-Marne, 2005-2006)

Une population principale, ainsi que des métapopulations de Tulipa sylvestris ont été observées à Jorquenay (commune de Humes-Jorquenay) dans le département de la Haute-Marne.

Cephalanthera rubra (Observateur: Françoise MORGAN, Haute-Marne, 2005-2006)

Une soixantaine d'individus de cette espèce ont été répertoriés tout le long d'un versant à Autigny-le-Petit (Haute-Marne), dans des trouées forestières créées à la faveur d'arbres dépérissants ou déjà morts sur pieds.

Lindernia palustris Hartmann
(Observateur: Rémi Dupré (CBNBP), Indre, 2005)

La Lindernie rampante était déjà très rare auparavant dans le Berry (Flore analytique du Berry contenant toutes les plantes vasculaires des départements du Cher et de l'Indre, Le Grand, 1894) et seulement signalée dans le Cher. Cette espèce, protégée nationale et nouvelle pour le département de l'Indre, a été trouvée en août 2005 sur les berges d'un petit étang sur grès à Bagneux dans le Boischaut Nord. Cette espèce est très proche de la Lindernie fausse-gratiole (Lindernia dubia (L.) Pennel) dont elle se distingue, notamment, par les pédoncules floraux nettement plus longs que la feuille sous jacente et les feuilles non ou très peu dentées.

Stachys heraclea All., Lamiacée (Observateur: Rémi Dupré (CBNBP), Indre, 2005-2006)

L'Epiaire d'Héraclée était très rare autrefois en Champagne berrichonne avec 3 stations dans le Cher et une seule station dans l'Indre au Bois du Roi (Flore analytique du Berry contenant toutes les plantes vasculaires des départements du Cher et de l'Indre, Le Grand, 1894). Quelques individus ont été retrouvés sur ce même site dans une pelouse calcaire de la commune de Lizeray en juin 2004. Il s'agit de la seule station connue en région Centre de cette espèce en limite nord absolu d'aire de répartition.

Chrysosplenium alternifolium L.
(Observateur: Rémi Dupré (CBNBP), Eure-et-Loir, 2005)

Une petite station de la Dorine à feuilles alternes a été observée sur les berges d'une source boisée à Fontaine-Simon dans le Parc Naturel Régional du Perche en juillet 2005. Il s'agit de la première mention pour l'Eure-et-Loir de cette espèce protégée en région Centre.

Spiranthes aestivalis (Poir.) Rich.
(Observateur: Rémi Dupré (CBNBP), Cher, 2006)

Le Spiranthe d'été était considéré au XIXème siècle comme fréquent dans le département du Cher (Flore analytique du Berry contenant toutes les plantes vasculaires des départements du Cher et de l'Indre, Le Grand, 1894). Cette espèce, protégée nationale, avait disparu jusqu'à ce que 2 individus soient retrouvés sur les berges d'un ruisselet le 1er aout 2006 sur la commune de Genouilly, dans la pointe nord ouest du département.

Gamochaeta falcata (Lam.) Cabrera
(Observateur: Rémi Dupré (CBNBP), Indre-et-Loire, 2006)

La Cotonnière en faux a été découverte dans une vigne sableuse de la vallée de la Vienne sur la commune de Rivière en mai 2006. Cette plante, originaire d'Amérique est bien implantée dans le sud-ouest de la France. Il s'agit de la première mention pour la région Centre et son éventuel expansion est à suivre.

Spiranthes spiralis (L.) Chevall.
(Observateur: Pascal FICHOT et Christophe HANOT, Hauts-de-Seine, 2005)

A été trouvée dans un gazon - pelouse de l'observatoire de Meudon dans les Hauts-de-Seine en septembre 2005

Lathraea squamaria L.
(Observateur: Pascal FICHOT et Christophe HANOT, Seine-et-Marne, 2005)

La Lathrée écailleuse, protégée à l'échelon régionale en Île-de-France, bénéficie aussi d'un statut de protection régionale en Aquitaine, Centre, Haute-Normandie, Limousin, Pays-de-la-Loire, Picardie et Provence Alpes côte d'Azur. Ces nombreuses protections régionales auraient pu lui permettre d'être inscrite sur la liste des espèces protégées nationales.
Cette plante charnue entièrement dépourvue de chlorophylle pousse en parasite sur les racines du Lierre et de nombreux arbres et arbustes comme le Noisetier, Orme, Aulne… Les fleurs, d'un blanc-rosée et légèrement pubescentes prennent rapidement un aspect noirâtre après leur maturité. La floraison a lieu généralement au tout début du printemps, ce qui nécessite des prospections précoces.
La dernière mention de la plante en Île-de-France date de 1973. La plante était alors signalée à Villiers-sur-Marne dans le bois de Fays (Val de Marne). En Seine-et-Marne, la Lathrée n'avait pas été revue depuis 1904 (Saint-Cyr-sur-Morin). Les recherches effectuées pour retrouver cette plante s'étaient depuis quelques années avérées vaines. Pourtant, les milieux de prédilection de la plante encore bien présents et la proximité d'une station à quelques centaines de mètres du département, dans la Marne, nous laissent penser que la plante pouvait encore être présente dans le département, et qu'il suffisait juste d'un peu de patience pour que la Lathrée fasse à nouveau partie de la flore moderne d'Île-de-France.
C'est donc, à la fin du mois d'Avril 2005, que Mme Sanconie reconnut la plante lors d'une sortie des naturalistes parisiens. La plante occupe une peupleraie aménagée en bordure du Grand Morin sur la Commune de Guérard. On y rencontre deux micro-populations de quelques dizaines d'individus.
Alertés par cette découverte, quelques botanistes des Naturalistes parisiens ont découvert une nouvelle station, toujours sur la commune de Guérard, mais cette fois comportant plusieurs centaines de pied. Cette station située non loin du Moulin de Prémol occupe les sous-bois d'une chênaie-frênaie bordant le Grand Morin.
Des recherches effectuées sur les autres communes bordant cette rivière, dans les mêmes conditions stationnelles, ne nous ont pas permis de trouver d'autres stations. Ces recherches reprendront en 2006.

Exaculum pusilum (Lam.) Caruel,1886
(Observateur: S. Filoche (CBNBP), Seine-et-Marne, 2005)

La Cicendie naine, protégée à l'échelon régional, possédait moins de quatre stations sur l'ensemble de la Région. En 2005, trois nouvelles stations ont pu être découvertes, l'une à Héricy aux lieux dits " Battant roue ", l'autre à Nandy et enfin une autre dans l'Essonne.
Cette petite plante est inféodée aux layons forestiers oligotrophes, sur sables acides et frais. On comprend alors mieux la rareté de l'espèce, surtout lorsqu'on sait que ces layons forestiers sont, hélas, bien souvent remodelés, voir stabilisés avec des matériaux calcaires. D'ailleurs, une station semble avoir disparu suite à des travaux de débardage qui ont complètement transformé le milieu, dans le bois de Saint-Cyr à Sivry-Courtry. La plante n'a ainsi pu été retrouvée en 2005.

Lotus angustissimus L.
(Observateur: S. Filoche (CBNBP), Seine-et-Marne, 2005-2006)

Le Lotier grêle est une plante que l'on rencontre communément sur le pourtour méditerranéen. Seule une station avait été jusqu'ici référencée dans les Yvelines. Cette nouvelle observation est donc une première pour la Seine-et-Marne. La plante occupe une pelouse sur sable calcaire, perturbée par le passage de motos, à Villiers-sous-Gretz, en compagnie d'autres adventices.

Anagallis minima (L.) E.H.L.KRAUSE
(Observateur: F. Perriat (CBNBP), Val d'Oise, 2005-2006)

En Ile de-France, la Centenille est dispersée, à la faveur de substrats sablonneux et argileux, humides et acides. On note toutefois une plus forte concentration sur le massif de Rambouillet. La station de Haravilliers constitue l'une des très rares situées au nord de Paris et la seule connue actuellement du Val-d'Oise.
Cette observation est d'autant plus remarquable qu'elle constitue la première donnée moderne pour le Val-d'Oise. C'est une plante en forte régression dans toute la France, victime de la régression de ses milieux (fermeture des milieux pionniers, dégradation des milieux humides, absence de gestion).

Cephalanthera damasonium (Mill.) Druce
(Seine-Saint-Denis, 2005-2006)

Cette orchidée extrêmement rare en Ile-de-France a été découverte en début d'année, par les techniciens du Parc départemental du Sausset dans un des sous-bois du parc.
Cette plante assez commune dans le sud de l'Essonne et l'extrême ouest du val d'Oise demeure extrêmement rare partout ailleurs. Dans le département, elle n'avait pas été revu depuis 1997 à Tremblay-en-France et depuis 1990 à Sevran. A confirmer à la fosse Maussoin à Clichy-sous-Bois.

Fragaria viridis Weston
(Observateur : André Launay, Sarthe, 2005)

Découverte très intéressante en juin 2005 : André Launay observe le Fraisier vert à Auvers-le-Hamon, sur la frontière ouest du département de la Sarthe. Proche du Fraisier comestible mais différenciable sans ambiguïté lorsqu'on dispose de stolons, cette espèce n'avait jamais été indiquée en Sarthe auparavant. Plusieurs populations en sont néanmoins connues en Mayenne toute proche, où elle atteint sa limite la plus occidentale, de telle sorte que sa présence ici n'est nullement étonnante. La population, à moitié envahie par une fruticée épineuse, croit sur des affleurements rocheux calcaires arides et abrupts dominant la vallée du Treulon. Quelques boutures mises en culture au CCPN de Cherré ont fleuri au printemps 2006 (photo), mais n'ont malheureusement pas fructifié de façon satisfaisante.

Gastridium ventricosum (Gouan) Schinz et Thell.
(Observateur : Gérard Hunault (CBNBP), Sarthe, 2006)

Très rare en Sarthe, la Gastridie ventrue n'était connue de façon contemporaine qu'à Auvers-le-Hamon, où elle avait été notée à deux reprises en 1993 au sein de pelouses ouvertes colonisant des affleurements calcaires de la vallée de l'Erve (Sepenes 1993) et du Treulon (Hunault G., Launay A. et Tilly B. 1993). Sa découverte en début d'été 2006 à Connerré, lors d'une prospection destinée à compléter les données sur cette commune (Gérard Hunault), sur un pied de talus décapé ne présentant par ailleurs aucune originalité floristique, suggère qu'elle existe vraisemblablement ailleurs en Sarthe. Cette donnée est à mettre en relation avec l'observation dans les années 1970 d'un unique individu dans les sablières maintenant réhabilitées de la Belle-Inutile (Soulitré) (G. Hunault), situées à quelques kilomètres seulement à vol d'oiseau de cette nouvelle station.

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