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Première vendange au Conservatoire botanique

Vitis vinifera L. subsp. sylvestris dans le jardin du Conservatoire
photo MNHN-CBNBP, P. BARDIN

Mère de la vigne cultivée (Vitis vinifera L. subsp. vinifera), la vigne sauvage (Vitis vinifera L. subsp. sylvestris (C.C.Gmel.) Hegi) est une espèce lianescente dioïque (pieds mâles et femelles séparés), caractéristique des forêts alluviales où elle accompagne l'Orme lisse (Ulmus laevis Pall.).
Découverte dans la Bassée occidentale par Francis Zanre en 1989, la vigne sauvage est inscrite sur la liste nationale des espèces protégées.
Une bouture prélevée en 2001 dans la station de Grisy-sur-Seine (77) a été plantée dans le jardin du Conservatoire botanique, au pied d'un cerisier, et ne tarda pas à le coloniser.
Quelle fut notre surprise en cette fin août 2007 de la voir porter raisins en abondance ! Malheureusement ce fruit est le produit d'une hybridation avec une variété horticole. Nous allons donc repartir dans la nature à la recherche d'un pied mâle à mettre en culture, afin d'obtenir des graines propres à l'espèce. A suivre ...

Raphaël MASINI et Gilles GARCIA

La Forêt de Cussangy et le rossolis à feuilles rondes (petite plante carnivore)

Le rossolis à feuilles rondes (Drosera rotundifolia) est une petite plante carnivore autrefois connue d'une seule localité dans l'Aube, disparue vers la fin du dix-neuvième siècle.
Lors de la fameuse tempête du 26/12/1999 de nombreux grands pins (certainement plantés sur une ancienne lande acide) sont tombés à terre. Très rapidement est apparu, à l'emplacement d'un arbre déraciné, plusieurs pieds de rossolis.
Patrice Lanfant, découvreur de la station qu'il suit régulièrement depuis 6 ans, constate une augmentation continue du nombre de pieds. On peut supposer que les graines enfouies dans le sol depuis de nombreuses décennies ont pu germer grâce à l'action de la tempête qui a supprimé l'arbre …
Il y a aujourd'hui plusieurs dizaines de pieds dans cette nouvelle station !

La plus vieille carotte du Monde !

photo MNHN - Service audiovisuel, Bernard Faye

La culture in vitro des tissus de plantes fait maintenant partie des techniques routinières de la biotechnologie végétale.
Sans elle, les plantes transgéniques, qui soulèvent actuellement tant de questions, n'auraient jamais vu le jour.
Bien peu de gens, sans doute, savent que les avancées majeures de cette technique ont été réalisées en France, vers la fin des années 30, à partir d'études effectuées sur une banale carotte !
Très loin de la problématique appliquée, il s'agissait surtout, à l'époque, d'unifier la théorie cellulaire, c'est-à-dire de démontrer que la cellule constitue l'unité de base de tout être vivant, animal ou végétal, et que cette cellule est capable de survivre et de se multiplier de façon autonome, alors même qu'elle provient d'organismes multicellulaires. La meilleure façon de le prouver était d'isoler des cellules de leur organisme d'origine, de les cultiver à la façon des micro-organismes, et d'obtenir leur survie et leur multiplication.

photo MNHN - Service audiovisuel, Bernard Faye

La faisabilité de la culture des tissus végétaux

L'un des principaux acteurs de cette recherche fut Roger-Jean Gautheret.
Parallèlement, deux autres chercheurs s'intéressaient activement à ce sujet : Pierre Nobécourt à Grenoble et Philip White aux Etats-Unis.
Le premier utilisait comme matériel la racine tubérisée de la carotte et le second les tissus tumoraux d'un hybride de tabac. Après avoir obtenu des résultats encourageants sur les tissus cambiaux de quelques arbres, Roger-Jean Gautheret décida de changer de matériel et d'étudier également la racine de carotte.Reprenant les expériences de Pierre Nobécourt et s'inspirant de celles de Philip White,il réussit en 1937, non seulement à déclencher la prolifération des fragments de carotte, mais aussi à entretenir la croissance des tissus nouvellement formés qui continuèrent à proliférer après repiquage : la faisabilité de la culture indéfinie des tissus végétaux était démontrée et la première souche de tissus végétaux était née !
Ces résultats furent publiés à l'Académie des Sciences en janvier 1939. Quelques jours auparavant, un article de Philip White dans l'American Journal of Botany avait annoncé la possiblité de cultiver indéfiniment les tissus tumoraux de tabac. Quelques semaines après, Pierre Nobécourt confirmait, à la Société de Biologie de Lyon, les résultats de Roger-Jean Gautheret.

Devenu professeur titulaire à la Faculté des Sciences de Paris, Roger-Jean Gautheret y créa le laboratoire d'Histophysiologie végétale dont l'activité était totalement axée sur l'étude des tissus cultivés in vitro. La souche initiale de tissus de carotte y fut précieusement entretenue et des souches de nombreuses autres espèces y virent le jour.
Au printemps 1968, les manifestations estudiantines secouaient le quartier latin. Roger-Jean Gautheret eut quelques craintes pour son laboratoire et décida de déménager une partie de sa bibliothèque et de ses cultures à la Station de Biologie végétale "Armand de Richelieu", à Cherré dans la Sarthe, dont il avait été nommé Directeur en 1958.
Secondé sur place par l'un de ses élèves, Roland Leroux, il y avait créé un laboratoire également axé sur la culture des tissus végétaux. Lorsque les échauffourées parisiennes se furent calmées, la bibliothèque et les souches regagnèrent la rue Cuvier, mais des échantillons d'une partie des tissus furent conservés à Cherré et régulièrement entretenus par René Veillé, le technicien du laboratoire, sous l'oeil vigilant de Roland Leroux.

Au début des années 1990, les moyens budgétaires réduits de la Station imposant des restrictions, la difficile décision de cesser l'entretien de la majorité des souches de tissus dut être prise. Une seule des souches de Roger-Jean Gautheret fut conservée, celle de carotte, dont l'intérêt historique et patrimonial n'avait pas échappé à Gérard Hunault qui avait succédé à Roland Leroux à la tête de la Station. Entretenus depuis l'origine sur le milieu initialement défini par Roger-Jean Gautheret, les tissus avaient toutefois tendance à péricliter, ce qui était peut-être le signe d'une dérive génétique.
Le renouveau du site de Cherré, suite à son rattachement au MNHN en 1996, a été accompagné d'un regain d'intérêt pour la souche devenue objet de collection et qu'il importait absolument de conserver. Diverses modifications des conditions de culture ont permis de la revigorer. Sur un milieu plus adapté, 63 ans après leur isolement, les cellules de la carotte de 1937 prolifèrent toujours activement. Belle performance pour une plante normalement bisannuelle !
Cette souche de carotte, sur laquelle a été réalisée une découverte scientifique majeure - la culture de tissus in vitro - par Roger-Jean Gautheret, fait maintenant partie du patrimoine scientifique mondial. Le Conservatoire botanique national du Bassin parisien, qui en a la garde, veille désormais scrupuleusement à sa conservation.

Références
  • GAUTHERET Roger. 1939 - Sur la possibilité de réaliser la culture indéfinie des tissus de tubercule de carotte. Comptes Rendus de l'Académie des Sciences, 208 (2) : 118-120.
  • GAUTHERET Roger. 1939 - Sur la mesure de la croissance des tissus de Carotte cultivés in vitro. Comptes Rendus de l'Académie des Sciences, 208 (17) : 1340-1342.
  • DESMAREST Patrice. 1998 - La vie et l'oeuvre de Roger-Jean Gautheret. C.R. Acad. Agric. Fr. 84(7) : 215 - 220.

Sur la trace des botanistes du XIXème siècle

En février 1999, M. Marcel BOURNERIAS transmettait au CBNBP des cahiers de terrain d'anciens botanistes parisiens (MM. BIMONT, GUINET, de VERGNES), allant des années 1895 à 1950 environ.
Ces carnets contiennent notamment des croquis de localisation de stations de plantes intéressantes, aujourd'hui souvent protégées.
Une première exploitation expérimentale de ces données anciennes a été tentée au printemps 1999. Il s'agissait d'essayer de retrouver des stations d'après les croquis.
Le résultat s'est révélé encourageant puisque 40 % des 21 stations visitées et des 15 espèces concernées ont été retrouvées (et décrites). Une fiche type de compte-rendu a été mise au point et remplie systématiquement, quel que soit le résultat de la visite. Plus de 150 croquis restent maintenant à exploiter.

Nom : Sisymbrella aspera (Cresson rude)
Rareté en Ile-de-France : espèce très rare
Protection zone CBNBP : espèce protégée en Ile-de-France

Source : cahier "BIMONT", page 62, comprenant un croquis et le recopiage d'une lettre de Lebrun à Ory, datée du 30 avril 1921
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