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Conservation et protection
 

Conservation et protection

Quelles espèces conserver et pourquoi ?

Aucune disparition d'espèces sur le territoire d'agrément" : tel pourrait être résumé l'objectif principal du Conservatoire botanique. Au plan pratique, les efforts sont concentrés sur les espèces protégées dont la liste est régulièrement réactualisée en fonction des connaissances de la répartition des espèces.
La conservation de la biodiversité trouve sa justification à plusieurs niveaux :

  • au niveau économique, très peu de plantes fournissent la grande majorité de l'alimentation humaine et la diversité des espèces constitue donc un réservoir important pour une future exploitation. De plus, le " tourisme vert " représente aujourd'hui pour certaines régions une source de revenus non négligeable.
  • au niveau médical, les molécules utilisées pour soigner les affections sont grandement issues, soit directement, soit par voie de synthèse, des molécules trouvées dans le règne végétal. Or la recherche n'a pour le moment exploré qu'une infime partie du potentiel présent chez les végétaux.
  • au niveau social, les milieux naturels sont indispensables à la qualité de vie des hommes, qu'ils résident en zone urbaine, périurbaine ou rurale. L'engouement actuel pour un tourisme plus proche de la nature en est un témoignage criant.
  • aux niveaux écologique et biologique, la bonne santé et la stabilité des écosystèmes dépendent de la présence de tous les maillons qui les composent et des étroites relations que ces éléments entretiennent les uns avec les autres. La pollution, la surexploitation (au rythme d'exploitation actuel, l'ensemble des forêts tropicales du globe devrait totalement disparaître à l'horizon d'une centaine d'années), la déprise des activités pastorales ou encore le drainage des zones humides sont autant de menaces qui pèsent sur chacune des espèces, ainsi que sur leurs habitats tout entier.

Conservation in situ

Objectif.

La mission de conservation des espèces dans leur habitat (conservation in situ) s'impose donc comme la seule méthode envisageable à long terme pour pallier la disparition des espèces ou la raréfaction de leurs populations. Outils.

La gestion écologique comme outil de restauration de populations pérennes.

Cette gestion s'impose très souvent dans le cas des milieux ouverts soumis à des risques de fermeture par l'évolution naturelle des communautés végétales, ainsi que dans le cas des milieux humides pour la restauration des fonctionnalités hydriques du système.
Cette gestion est aussi souvent une mesure d'accompagnement indispensable lors d'opérations de transplantations de populations (pour préparer le site d'accueil), ou lors de renforcements et de réintroductions de populations quand l'écologie du site a été identifiée comme une cause de déclin des populations.
Le Conservatoire botanique national du Bassin parisien n'étant pas habilité à intervenir manuellement sur le milieu naturel, il exerce auprès des gestionnaires d'espaces naturels un rôle de conseil pour la mise en place de ces mesures et en assure le suivi scientifique.

Quelques réalisations :

La transplantation de populations : une solution d'urgence aux conflits de politiques.

Quand politiques de protection de la nature et d'aménagement du territoire s'opposent, la transplantation de populations est une solution envisageable pour préserver la biodiversité. La transplantation est aussi utilisée quant il s'agit de contraintes sécuritaires dans des chantiers relevant du code des ICPE (carrières d'extraction de granulats par exemple), dans le cas d'installations d'intérêt public et, globalement, dans tous les cas où la présence d'espèces végétales protégées ne doit pas empêcher la réalisation de travaux indispensables pour l'intérêt public.

Quelques réalisations :

Le renforcement de populations : freiner une chute dangereuse des effectifs dans les populations naturelles.

Une des causes principales de disparition des espèces est, sous l'effet d'autres causes biotiques ou abiotiques, le franchissement dans les populations d'un seuil d'effectif en deçà duquel la spirale d'extinction s'accélère et conduit irrémédiablement à la disparition de la population et menace la survie de l'espèce.
Une des solutions est donc d'apporter dans ces populations déclinantes un pool d'individus permettant de restaurer une population fonctionnelle. La législation actuelle restreignant cet exercice à l'utilisation obligatoire du matériel végétal du site d'origine, la restauration des populations est uniquement une restauration démographique. Aucun apport de sang neuf n'est réalisé, ce qui ne permet pas de restaurer une adaptabilité des populations aux changements globaux, pour des populations souvent identifiées comme génétiquement dépréciées.

Quelques réalisations :

La réintroduction de populations.

Toujours difficile à mettre en place, la réintroduction des populations est menée quand l'intérêt patrimonial est exceptionnel et que le site bénéficie d'une stabilité foncière à long terme.
Un facteur limitant peut être la disparition ancienne de l'espèce du site, ce qui conduit à la perte définitive du matériel végétal original et rend donc théoriquement impossible une réintroduction de l'espèce. Ainsi la récolte de graines à titre de mesure de précaution peut-elle être scientifiquement validée pour des espèces patrimoniales dont les populations sont menacées de destruction à court ou moyen terme.

Quelques réalisations :

Conservation ex situ

Objectifs.

Dans le cas d'espèces au bord de l'extinction ou dans le cas de menaces de destruction imminentes des solutions de conservation en dehors du milieu naturel (conservation ex situ) doivent être proposées en complément des opérations menées in natura.

Outils.

La conservation ex situ s'appuie sur trois éléments principaux au conservatoire : la banque de semences, les collections culturales (collection de plantes au jardin) et la multiplication in vitro.

La banque de semences.

La banque de semences a pour objectif d'assurer une conservation durable de semences vivantes capables de régénérer des individus viables représentatifs de populations menacées ou disparues. Cette banque participe aux programmes de réintroduction ou de renforcement des populations in situ mais constitue également une banque de gènes pouvant être utilisée à des fins médicales ou agronomiques dans le cas d'espèces disparues in situ.
En savoir plus : bilans qualitatif et quantitatif de la banque de semences du Conservatoire botanique national du Bassin parisien.

Les collections culturales.

Il s'agit ici des collections de plantes vivantes, sur pied et en jardin ou en serre. Elles permettent de répondre à des demandes diverses, comme la réintroduction de populations d'une espèce disparue en milieu naturel, la présentation ex situ des différents milieux naturels du territoire d'agrément à des fins pédagogiques…
En savoir plus : finalités des collections culturales et exemples de taxons conservés.

La multiplication in vitro.

Les programmes de culture in vitro sont développés quand il est nécessaire d'obtenir rapidement des grandes quantités de matériel et que la reproduction classique (sexuée ou végétative) s'avère inefficace ou trop peu rapide vis-à-vis de l'urgence des plans de restauration des populations in natura.
En savoir plus : la multiplication in vitro comme aide à la conservation de la biodiversité.

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